Femmes expatriées : Savez-vous pratiquer le « small talk » ?

Femmes Expatriees : Savez vous pratiquer le Small Talk

Le “small talk” est un élément indispensable dans sa vie professionnelle. Pour une expatriée, c’est à travers le “small talk” que l’on construit son réseau, que l’on déniche des opportunités cachées. Puissant, le “small talk”, non ? Et pourtant, tout peut commencer par un échange de banalités sur la météo du jour…


C’est quoi exactement le “small talk” ?

Avez-vous déjà participé à une conférence avec une soirée cocktail en fin de journée ? Soit on cherche les personnes dont on souhaite faire la connaissance, ou soit on engage maladroitement la conversation avec la personne à coté de nous. Elle non plus, elle ne connait personne ici. Vous parlez de tout et de rien : l’ambiance de l’événement, la météo, d’où vous venez, ce que vous avez prévu de faire en rentrant…les sujets se succèdent sans que la conversation soit vraiment profonde.

C’est ça le “small talk” : ces petites discussions en apparence superficielles, mais qui jouent un grand rôle dans la vie d’une expat.

Quel est l’intérêt ?

Des petites discussions naissent des grandes opportunités, comme constate Scott Hoover, professeur de finance à Washington University. Dans son livre « How To Get A Job On Wall Street », il raconte que bien sûr, les discussions directement liées aux affaires sont importantes.

Ce qui est moins évident à apprécier est l’impact que les petites conversations banales avec des collègues potentiels peuvent avoir. La raison est simple : nous préférons travailler avec des personnes qui sont aimables, avec qui on peut créer un lien. Un dicton anglais dit “It’s not what you know, it’s who you know.” C’est dans le “small talk” que ces liens se créent, que nous trouvons des futurs collaborateurs, employeurs, clients et partenaires professionnels.

Cela ne veut pas dire que chaque petite discussion mènera à la signature d’un contrat. L’objectif du « small talk » n’est pas si immédiatement concret. C’est peut-être pour cela que beaucoup de personnes ont du mal avec cette pratique. Mais il y a d’autres raisons aussi, que l’expatriation ne fait qu’accentuer.

Pourquoi c’est difficile?

Les règles de « small talk » sont loin d’être universelles.

Aux USA, on parle ouvertement de sa vie privée avec des parfaits inconnus. À Singapour, il ne faut pas s’étonner que l’on vous demande le montant de votre loyer. En Finlande, le « small talk » est plutôt absent d’une conversation professionnelle. En France, on discute avec ses collègues, mais rarement avec des inconnus.

Pour aller plus dans les détails, prenons l’exemple des Américains. Même dans un contexte professionnel, aux Etats-Unis, on parle de tout et de n’importe quoi avec ses collègues, et même avec son chef (que vous appelez par son prénom, bien sûr…).

Le lundi matin, on lance “Did you have a good weekend?” ou pour les fans de sports “How ‘bout them Broncos?” (Ou n’importe quelle autre équipe qui aura joué un match à la télé).

Dans une conférence, où on fait des nouvelles connaissances, ne vous étonnez pas si après 10 minutes de discussion, vous connaissez une certaine quantité d’infos personnelles sur quelqu’un : le nombre d’enfants, ce qu’ils font après l’école, le travail des deux parents, où ils ont passé leurs vacances l’été dernier, pourquoi il est à la conférence et ses projets pour après, etc., etc.

On peut facilement engager une conversation en s’inspirant de ses environs : “The venue’s really nice this year”, ou encore “Is this your first time here?” Mais soyez prête à ce que l’Américain vous parle à la fois de sa vie professionnelle et de sa vie privée.

Si vous vous sentez à l’aise avec cette pratique, n’hésitez pas à faire pareil. Mais sachez que si vous restez plutôt sur la réserve, hésitante à divulger des choses sur vous et votre vie, vous risquez éventuellement de passer pour quelqu’un de froid et fermé. (C’est peut-être justement cette différence qui fait que les Américains voient les Français comme malpolis et fermés, et les Français pensent que les Américains sont superficiels…)

Bien sûr, c’est une généralisation. Bien que chaque culture adopte un comportement différent face au small talk, chaque personne reste un individuel unique, avec ses propres façons d’agir.

Ajoutez enfin la question de la langue si vous vivez dans un pays non-francophone, et vous voyez pourquoi même une petite discussion peut vite devenir un champs de mines.

Pour donner un exemple concret, en anglais, on emploi souvent des formules de politesse ou des phrases indirectes. On dirait rarement un “non” abrupte. Quand on n’a pas compris, ce n’est pas vraiment “What?” mais “What did you say?” ou encore “I don’t get it.”

S’il vous manque cette habitude et ces petites phrases, vous passez pour quelqu’un de malpoli, voir agressif, (sans le vouloir, bien sûr). Vous faites avec le langage que vous avez, mais la personne en face de vous peut oublier que vous n’avez pas les mêmes “outils linguistiques” qu’elle à votre disposition.

Comment faire alors?

Face à la situation, il ne faut pas désespérer.

Ceci peut paraitre évident, mais renseignez-vous sur la culture du pays où vous vous expatriez. Un livre écrit spécialement pour des étrangers venant travailler dans le pays est particulièrement utile. Par exemple, si vous vous expatriez aux USA, le livre “Americans At Work: A Guide to the Can-Do People” est indispensable.

Même si vous habitez dans la culture le pays depuis quelques années, n’oubliez pas qu’il y a surement des aspects profonds de la culture que vous ne maîtrisez pas (encore). Quand vous vous trouvez face à un sujet de conversation inconfortable, résistez au reflex d’imaginer que le problème vient de l’autre. Il y peut-être quelque chose qui vous échappe sur ce qui est acceptable dans le contexte.

Apprenez les coutumes de conversation de la culture locale. Le silence met-il les autres mal à l’aise, ou est-ce un signe de réflexion au sujet ? Les Américains parlent de “awkward silence”, cette silence qui met les participants d’une conversation mal à l’aise. C’est pour cela qu’ils parlent sans cesse !

Faut-il accorder une importance au statut de l’autre, ou peut-on le considérer comme son égal ? La société américaine, par exemple, est fondée sur le principe de l’égalité (même si nous savons très bien que c’est loin d’être la réalité…). Néanmoins, dans le « small talk », on considère tout le monde comme égal et il est courant que même les chefs se fassent appelé par leurs prénoms et participent volontiers aux petites discussions autour de la machine à café.

Comment peut-on se comporter avec un membre du sexe opposé ?

Aux Etats-Unis, au bureau, les hommes éviteront de faire des compliments trop axés sur l’apparence à leurs collègues féminins. Il ne faut pas confondre « small talk » et drague. Un homme peut très bien aborder une femme inconnue sans aucune arrière-pensée (et inversement, bien sûr !)

Autant d’aspects de conversation qui nous viennent sans réfléchir dans notre propre culture, mais sur lesquels il faut s’interroger dans une culture étrangère.

Développer votre vocabulaire et vos réflexes si vous êtes dans un contexte non-francophone. Que ce soit en anglais car c’est la langue commune ou dans une langue locale, il n’y a pas de secret, il faut développer son vocabulaire et ses réflexes. Pour cela, entraînez-vous dès que l’opportunité se présente : avec la personne à coté de vous dans le bus, au marché, avec un collègue que vous croisez régulièrement.

Le « small talk » peut créer des opportunités autrement cachées. Créer des liens et montrer votre volonté de connaitre l’autre ne peut que vous aider dans votre vie professionnelle. Loin de n’être que des petites discussions superficielles, c’est un réel moyen d’avancer sa carrière, d’élargir son réseau et de réussir son expatriation.

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Américaine, Christina coache depuis 2004 des professionnels français à comprendre à la fois la langue et la culture de leurs collègues américains. Animatrice de la chaine YouTube “Speak Better, Feel Great TV”, sa mission est de remonter le niveau d’anglais de la France entière !


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