Retour en France : Comment surmonter vos déceptions ?

Aaah le retour en France, voilà bien un sujet qui soulève les passions. Les témoignages sur les réseaux sociaux révèlent que les Français en général et les recruteurs français en particulier, sont pour beaucoup d’anciens expatriés, une source de très grande déception.

Au risque de déplaire, voici ma question : Et si cela venait un peu de nous ?

 

Déception #1  : “les Français ont l’esprit fermé parce qu’ils ne sont pas vraiment intéressés par mon expérience à l’étranger”

Quand vous étiez à l’étranger, vous avez dû le remarquer : pour créer une relation avec les autres, ce n’est pas sa différence qu’il faut brandir. Plutôt nos points communs car ils agissent comme des ponts entre nous et les autres. 

Quand on se focalise sur notre expérience à l’étranger, nous sommes en train de réduire nos sujets de conversation mais surtout de connexion avec les autres car cette expérience n’est pas un point commun… très commun.

Attention donc au regard que vous portez sur votre expatriation : elle ne vous définit pas. 

Elle est une partie de vous, de votre vie et bien sûr, elle influence votre façon de penser et d’agir. 

Mais beaucoup d’autres choses font partie de vous. 

Votre goût pour la course à pied, pour le développement personnel, pour les loisirs créatifs… Ce sont autant de sujets dont vous pouvez vous servir pour connecter avec les autres. Et seulement une fois que la connexion sera faite qu’il y’aura la curiosité à vous faire parler de votre vie à l’étranger car vous aurez su donner l’envie aux autres de mieux vous connaitre. 

Dans une relation, on part de nos points communs pour ensuite explorer nos différences 😉

Déception #2 : “Côté boulot, les recruteurs veulent des profils au parcours linéaire et ne valorisent pas l’experience à l’étranger”.

A chaque fois que je lis ce type de commentaires sur les réseaux sociaux, je me pose cette question : “Ces anciens expat ont-ils validé que les entreprises qu’ils ciblent recherchent un profil avec des savoir-faires liés à l’international ou bien sont-ils en train de faire du passage en force avec leur expérience internationale ?”.

Ce serait comme chercher à servir à quelqu’un un plat aux saveurs exotiques alors que cette personne a envie d’une raclette. Vous voyez le rendez-vous manqué 😉

En matière de recrutement, il est important de ne pas confondre “se démarquer des autres candidats” et  “se démarquer des besoins de l’entreprise”.

La clé, pour tirer profit de votre expérience professionnelle à l’étranger, est de déterminer ce que vous voulez vraiment mettre en avant auprès des recruteurs français : votre expertise “technique” (notamment développée à l’étranger) ou votre expertise internationale ? Ce n’est pas du tout la même chose !

En fonction de votre choix, vos postes et entreprises cibles, votre CV, votre discours seront différents. Ajustés aux besoins concrets de l’entreprise, ils seront plus efficaces et impactants !

Et si vous me dites, “les 2 mon capitaine”, alors votre CV sera encore différents et les entreprises ciblées aussi.

Mon point de vue : La réussite de votre retour (comme votre expatriation) dépend pour beaucoup de votre ETAT D’ESPRIT.

Au travers de mes deux expatriations – Singapour et Etats-Unis -j’ai été exposée à des formations professionnelles réservées aux citoyens ou résidents permanents, à des règles administratives pas très claires, avec parfois des longs délais de traitements, des refus pour des motifs ridicules, des agents gouvernementaux/douaniers pas très sympathiques.

Et finalement, ces désagréments ressemblent pour beaucoup à ceux qu’on peut vivre une fois en France.

Mais je pense que la différence majeure se situe dans notre état d’esprit. Quand on vit dans un pays étranger, on est pleinement conscient que nous ne sommes pas chez nous. On se plie donc aux règles, avec plus de flexibilité, parce qu’on se sait “invité” dans le pays.

Une fois en France, on peut avoir tendance à dégainer notre indignation au quart de tour, car on se sait chez nous. Notre niveau d’exigence (voire de revendications) augmente.  La posture est complètement différente et cela nous joue des tours en terme d’état d’esprit. On n’est pas dans le lâcher-prise. On est dans l’agacement, la colère… et finalement dans le repli et le rejet.

La France aura un défaut dont elle ne pourra jamais se défaire : On la connait déjà. Elle n’a pas le charme de la langue, de la culture et de la terre inconnue à découvrir.

C’est peut-être cela la plus grosse déception, lors de notre retour :  ne plus utiliser notre muscle d’adaption à la nouveauté. Ce muscle qui nous a demandé tant d’effort, tant de résilience et qui nous a tant fait grandir. 

Plongés dans un environnement connu, notre muscle s’ennuie et rêve de grandes découvertes. Et voilà la nostalgie qui pointe le bout de son nez…

Mais, chers expatrié(e)s, n’est-ce-pas un challenge pour lequel nous sommes équipés ?  Notre agilité à nous adapter est tout ce dont on a besoin pour transformer un retour en une aventure inédite !

Qu’en pensez-vous ?