Interview-Success Story : « Préparez vos entretiens ! »

Lan AvrilQuand Lan a répondu à mon appel à témoignages, elle a tout de suite mentionné un point commun entre nous : la psychologie positive. Lan et son mari viennent tous les deux de Montpellier (comme moi :-)) alors ça nous faisait un point commun en plus. Lan a déjà été expatriée en Corée du Sud, puis elle et son mari sont rentrés en France sur Paris pendant 7 ans. “On commençait à  s’encroûter quand mon mari a eu l’opportunité d’être transféré sur Singapour”. Ils acceptent la mutation, emmènent leurs deux enfants et Lan qui est enceinte de jumeaux, finira sa grossesse à Singapour. 6 mois après la naissance des jumeaux, Lan commence sa recherche d’emploi.

Quelles ont été tes premières actions quand tu as commencé ta recherche ?

Je me suis rapprochée du réseau des anciens de mon école (l’ESSEC) et des écoles françaises, qui organisaient apéritifs et petits-déjeuners. Lors d’un petit-déjeuner d’anciens, je rencontre un chasseur de tête, lui aussi ancien élève, venu nous parler du marché du travail singapourien. Il nous parle de l’importance du réseau et à la fois, nous met en garde. Ça ne sert à rien d’assister à tous les événements de networking parce qu’il y en a tous les soirs. Il vaut mieux être sélectif.

Après cette rencontre, pour développer mon réseau, je vais surtout rencontrer des amis d’amis. Plus précisément, des anciens élèves de mon école, qui vont ensuite me recommander d’autres contacts.

Tu as participé à quels autres événements pour ta recherche d’emploi ?

J’ai participé à un atelier organisé par l’Association Française de Singapour et un par la Chambre de Commerce Française de Singapour. Cela a été d’intéressant de rencontrer d’autres personnes qui  recherchent un poste. Cela permet aussi d’évaluer où on se situe. Et justement de rencontrer des femmes audacieuses venues alors qu’elles ne parlent pas vraiment anglais. Ayant déjà travaillé en anglais en Corée du Sud, j’ai été rassurée sur mon profil.

J’ai appris comment faire un CV à la singapourienne c’est-à-dire un document pouvant aller jusqu’à 5 pages et qui met en avant ses résultats. C’était complètement nouveau pour moi. Mais une fois qu’on a compris, c’est vrai que c’est une bonne chose et  j’ai arrêté d’être gênée que mon CV  fasse 2 pages.

Une fois mon CV refait, je l’ai envoyé au chasseur de tête que j’avais rencontré lors du petit déjeuner des anciens de mon école. Une de ces collègues me contacte et rendez-vous est pris. Et là, c’est la catastrophe !! Elle me pose des tas de questions très précises sur mon parcours. Alors que je lui parle des missions et projets que j’ai réalisés, je suis déstabilisée par ses questions très précises et ses “comment as-tu fait ça?” parce que je ne m’en souviens pas de tout avec clarté. Ça a été un moment très pénible, parce que je sentais que je n’étais pas du tout à la hauteur de l’entretien.

Je repars de l’entretien dépitée, mais en même temps, soulagée que cette expérience m’arrive au début de ma recherche. Je réalise que je dois connaitre mon parcours sur le bout des doigts. Je crée un document Word dans lequel je détaille sur 10 pages tout mon parcours. On ne m’y prendra pas à deux fois !

Comment as-tu décroché ton poste actuel ?

J’ai envoyé mon CV à mon ancien employeur. Il m’a tout de suite répondu qu’il n’avait pas de poste à pourvoir dans l’immédiat, mais qu’à Singapour, le turnover étant très élevé, il souhaitait que je rencontre sa directrice marketing. J’ai donc eu un entretien de motivation, qui était exploratoire et finalement, la chance a été de mon côté car suite à une démission, on m’a recontactée. Tout s’est enchaîné très vite : les 2 entretiens avec mes futurs boss singapouriens, la rencontre avec les RH, la proposition d’embauche et ensuite 2 semaines d’attente pour obtenir mon Employment Pass.

Quelles sont tes conseils pour les femmes, qui comme toi, ont des enfants et qui à la fois, veulent trouver du travail ?

Pendant la recherche, je leur recommande de «découper» leur temps, pour pouvoir assurer toutes leurs missions : être une maman est vrai boulot et chercher du travail, aussi. Ne cherchez pas à faire les deux, en même temps. Dédiez plutôt du temps de qualité à chacun. Par exemple, je m’étais organisée pour chercher du travail le matin, et être avec mes enfants l’après-midi. Autrement tu n’es efficace nulle part : ni avec les enfants, ni sur la recherche d’emploi, et en plus tu culpabilises de ne pas faire les choses efficacement. Pensez aussi à vous relaxer.

Il faut bien préparer ces entretiens et ne pas arriver la « fleur au fusil ». On n’en a pas forcément beaucoup, alors ce serait dommage de ne pas les réussir par manque de préparation.

Attention aussi à ne pas considérer les Français avec trop de familiarité. Un entretien d’embauche avec un Français reste un entretien. Ne vous relâchez pas !


Un grand merci à Lan pour son partage !


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Camille GAUTRY

Consultante RH, expatriée depuis 2012, j’ai été dans la même situation que vous : un fort désir de travailler pendant mon expatriation, mais pas de plan de route pour y arriver. Grâce à des changements de croyances et d’états d’esprit qui ont fait toute la différence, j’ai réussi !
Aujourd’hui, j’accompagne pas-à-pas les femmes expatriées qui veulent elles aussi, s’épanouir professionnellement pendant leur expatriation.
Enthousiasme, bienveillance et optimisme sont mes épices, le tout saupoudré d’un peu de psychologie positive, pour un accompagnement qui rebooste !
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